Dimanche 16 septembre 2007
Crise - Outils de gestion de crise français et européens

Mars 2007

1. Approche conceptuelle de la crise

D’étymologie grecque krisis signifie décision, jugement. Par extension on y associe les actions de trancher, estimer ou encore d’expliquer. La crise est un état transitoire, un état de déséquilibre. Les éléments caractéristiques qui constituent la crise sont : un élément de rupture au sein d’un système organisé, une obligation de décision pour un retour à un équilibre, un climat d’urgence, d’incertitude et de chaos, des conséquences durables et importantes, et la présence d’un risque. La crise remet en cause l’ordre établi et pousse dans l’urgence les individus à s’interroger, statuer et prendre une décision. La définition de référence dans les milieux universitaires date de 1963 : Hermann1 définit la crise selon trois caractéristiques :
- la mise en péril des objectifs prioritaires de l’organisation
- l’urgence, le manque de temps disponible pour répondre
- la surprise : le côté inattendu ou non anticipé par les décideurs
On distingue trois étapes dans un cycle de prise de décision :

1/ Crise, rupture par rapport à un équilibre antérieur
2/ Elaboration d’une stratégie de résolution de crise
3/ Décision

Crise, Rupture Elaboration d’une stratégie de résolution de crise Décision Analyse de la situation Analyse de la crise Analyse des stratégies
La décision met fin à la crise en annonçant le passage à un nouvel équilibre. Néanmoins, le laps de temps qui sépare l’énoncé de la décision de son application implique nécessairement une permanence de l’état de crise.
Considérer la crise comme une opportunité d’apprentissage en l’analysant est utile tant à l’élaboration de la stratégie de résolution de crise qu’à la prévention de crises futures. Il existe de nombreuses méthodes d’analyse : intuitive, analytique, théorie des parties prenantes (…). L’ouvrage Essence of Decision2 de Graham ALLISON qui traite de la crise des missiles de Cuba (1962) est un exemple méthodologique de l’analyse d’un processus de décision en contexte de crise.
L’emploi du concept de crise dans les relations internationales date du début du XXème siècle. Dans les années 1980 le terme de crise a tendance à se substituer à celui de conflit.
A l’origine exclusivement militaires, les opérations de gestion de crise combinent désormais les moyens militaires et civils. Ces derniers sont chargés de rétablir le bon fonctionnement des services de l’Etat dans le cadre de la reconstruction des territoires.

2. Outils de gestion de crise français et européens

2.1. France

En 1998 le département ministériel « Coopération » est rattaché au ministère des Affaires étrangères. Cette réforme s'accompagne de la création de deux organismes :
- le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) présidé par le Premier ministre
- le Haut Conseil de la coopération internationale (HCCI) auprès du Premier ministre, comprenant notamment des représentants de la société civile et des élus locaux.
Gérer les périodes de post-crises, c’est permettre le rétablissement de l’ordre et la prévention de nouveaux conflits. Une fois la période d’urgence initiale passée il s’agit alors d’attribuer la responsabilité de la gestion de ces post-crises. Coordonner les entités présentes peut s’avérer complexe dans un contexte international, civilo-militaire, interministériel et interarmées. Il n’existe pas de plan prédéfini pour cette étape de stabilisation, comme en attestent la diversité des réponses du gouvernement français dans la gestion post-crise du Kosovo, Timor, Afghanistan ou encore Irak1.

2.2. Europe

Bien que la politique européenne de développement existe depuis les prémisses de l’Europe, son inscription au coeur de la Politique étrangère et de sécurité de l’union européenne date des années 1990.
La stratégie européenne de sécurité, publiée en 2003, adopte une conception plus offensive de la politique européenne de gestion des crises que celle établie par les missions de Petersberg.
Deux acteurs européens sont habilités à la gestion de crise : les institutions communautaires et le conseil de l’Union européenne.
Le groupe des commissaires pour les relations extérieures est constitué de 5 directions générales contrôlées par 4 commissaires. Il dispose d’outils de gestion pour prévenir les crises et intervenir dans des situations d’urgence ou dans des environnements politiquement instables.
Le conseil de l’Union européenne est l’administration permanente rattachée au Conseil des ministres qui est en charge de la définition et de la mise en oeuvre de la PESC (Politique étrangère et de sécurité commune). A ce titre il est doté de 3 organes permanents qui ont pour fonction d’élaborer et de mettre en oeuvre une politique commune de gestion de crise :
- Le Comité politique et de sécurité (COPS) a la responsabilité de gérer les situations de crise et d’examiner toutes les options envisageables pour la réponse de l’Union. Il est composé d’ambassadeurs des différents Etats membres et assure le « contrôle politique et la direction stratégique » de la PESC et de la PESD. Le COPS est assisté d’un groupe de travail politico-militaire et d’un comité de gestion des aspects civils des crises (CIVCOM)
- Le Comité militaire de l’union européenne (CMUE) rassemble les chefs d’Etat-major ou leurs délégués ; il fournit des avis et des recommandations au COPS ou au Conseil européen et des directives à l’Etat-major européen.
- L’Etat-major européen (EMUE), assisté d’un groupe de conseillers pour les relations extérieures (RELEX)
Plus que dans la gestion des crises en elles-mêmes, la France et l’Union Européenne s’impliquent également dans des activités d’aide au développement. L’Union européenne - Etats-membres et Communauté - est le premier bailleur de fonds des pays en voie de développement.
Les opérations de gestion de crise comportent donc 4 phases à part entière :
- la prévention, qui a pour but d’empêcher le déclenchement de conflits internes et l’effondrement des autorités centrales
- l’intervention, qui vise à mettre un terme au conflit interne lorsque celui-ci est déclenché
- la stabilisation, qui suit immédiatement l’intervention
- la reconstruction, qui est à la fois matérielle et institutionnelle et vise à rétablir une autorité étatique légitime et efficace.
par Kroopy publié dans : gestion de crise communauté : Veille stratégique
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Dimanche 16 septembre 2007

Internationalisation des échanges, rapidité des transactions, disparition des frontières et anonymat, dans un monde encore partagé en Etats fondés sur la territorialité et la souveraineté, favorisent l’éclosion d’une nouvelle forme de criminalité et d’entités criminelles organisées autour des utilisations déviantes des NTIC.

 

Notre vocation :

  • Etudier toutes les formes de criminalité et les utilisations déviantes des nouvelles technologies de l'information et de la communication au sens le plus large
  • Informer et sensibiliser tous les acteurs  des risques, menaces et vulnérabilités engendrés par les NTIC
  • Former les utilisateurs aux meilleures pratiques pour faire face
  • Communiquer et diffuser les informations disponibles dans ce domaine
  • Assurer la promotion des concepts et outils garantissant un meilleur environnement de sécurité
  • Participer à l'amélioration du niveau de confiance et de sécurité et contribuer à parcourir le chemin vers une culture de sécurité globale de la société de l'information.

Notre devise :

 

"La sécurité de la cité tient moins à la solidité de ses fortifications qu'à la fermeté d'esprit de ses habitants" THUCYDIDE

 

Les Nouvelles Menaces

 

L'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication, comme tous les outils conçus par l'homme supporte des risques, entraîne des vulnérabilités et engendre des menaces.

 

Quelques définitions utiles :

 

Par risque, on entend tout danger dont on peut jusqu'à un certain point mesurer l'éventualité, que l'on peut plus ou moins prévoir.

 

Par vulnérabilité, on entend ce qui résiste mal aux attaques et donc qui peut être atteint.

 

Par menace, on entend une intention hostile, un indice qui laisse prévoir un événement fâcheux, grave ou dangereux.

 

Une classification arbitraire et variée :

 

Les risques sont généralement classés en risques naturels (foudre, inondation, tremblements de terre), risques techniques et risques humains ( erreurs non intentionnelles ou intentionnelles); les menaces sont de type accidentel ou volontaire.

 

Nous avons choisi de présenter les menaces en fonction des attaquants et des cibles potentielles et en distinguant trois grandes catégories :

 

 

LES MENACES INTENTIONNELLES
 

 

ATTAQUANT : Les Individus
 

 

CIBLES

ATTAQUANT

1. Individus

2. Entreprises

3. Etats

A. Individus

 

* Piratage au sens large = toute forme d'attaques réprimées par le code pénal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES MENACES INTENTIONNELLES
 

 

ATTAQUANT : Entreprises, groupes, entités, organisations
 

 

CIBLES

ATTAQUANT

1. Individus

2. Entreprises

3. Etats

B. Entreprises
Groupes
Entités
Organisations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES MENACES INTENTIONNELLES
 

 

ATTAQUANT : Les ETATS
 

 

CIBLES

ATTAQUANT

1. Individus

2. Entreprises

3. Etats

B. Etats

 

 

 

 

* Piratage au sens large = toute forme d'attaques réprimées par le code pénal

 
par Kroopy publié dans : cybercriminalité communauté : Veille stratégique
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Dimanche 16 septembre 2007

« La cybercriminalité est la troisième grande menace pour les grandes puissances, après les armes chimiques, bactériologiques, et nucléaires »

 

 

Les nouvelles technologies, en particulier l’informatique et la télématique, ont une place importante dans la vie économique, et la quantité de transactions et échanges menés par l’intermédiaire d’Internet est en spectaculaire progression. Si ces nouvelles technologies participent de manière positive au développement de la vie économique, elles présentent aussi de nouveaux moyens de commettre des infractions d’affaires, ce qui fait apparaître des dangers non négligeables, vue l’importance qu’elles ont désormais acquise.

 

De même, les infractions informatiques ont le plus souvent un caractère international, alors que les informations en elles-mêmes sont des données régies par le droit national. Dans cette optique, les flux d’informations parcourant librement les autorités chargées de l’enquête sont, elles, strictement liées par leur compétence territoriale nationale et par le principe de souveraineté. Chaque législateur essaie soit de se protéger sur son territoire, soit d’abdiquer sa compétence législative face à ces actes illicites, soit d’observer et de légiférer aussi peu que possible, ce qui constituer une solution efficace. Cependant, cette situation est insatisfaisante, car elle plonge les internautes dans un réseau de normes multiples, source d’insécurité juridique.

 

Ainsi, organiser la lutte contre la cybercriminalité, c’est tenir compte de l’ensemble de ces paradoxes. Il est nécessaire de considérer les intérêts de chacun afin de parvenir à un équilibre. Les pays qui, pour lutter contre la cybercriminalité, tentent de restreindre l’usage d’Internet comme moyen pour commettre des infractions, s’opposent aux Internautes qui brandissent l’étendard de la liberté de circulation de l’information au niveau mondial.

Afin d’appréhender ce phénomène, il est important d’élaborer une définition pratique de ce qu’est la cybercriminalité. Cependant, cette notion est méconnue, peu ou pas définie, son étendue, ses causes ne sont pas clairement établies. Les raisons sont multiples, dont la plus présente est certainement la frilosité vis-à-vis des N.T.I.C. Les personnes concernées n’ont pas de réelles connaissances de la cybercriminalité, soit parce qu’elles considèrent que celle-ci est trop « compliquée » et hésitent à donner des définitions, ou des solutions à un problème qui change de forme rapidement, soit au contraire parce qu’elles la sous-estiment, phénomène classique dans les politiques de sécurité des Etats et des entreprises.
par Kroopy publié dans : cybercriminalité communauté : Veille stratégique
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